Le retour des beaux jours est une bonne nouvelle pour les promenades et le potager. Pour votre chien ou votre chat, ce changement de saison s’accompagne pourtant d’une série de menaces qui méritent vraiment votre attention. Allergies, plantes toxiques en fleurs, chenilles processionnaires, parasites et rappels vaccinaux oubliés… Le printemps représente sans aucun doute la saison la plus problématique et elle est au cœur de nombreuses alertes vétérinaires.
Les chenilles processionnaires, le danger prioritaire dès février
Malheureusement, l’alerte est donnée avant l’arrivée du printemps, mais de nombreux propriétaires ne la suive pas. Les chenilles processionnaires du pin représentent l’une des menaces les plus graves pour le chien à cause de sa curiosité naturelle. La période à risque s’étend de février à mai, selon la région et la météo. Avec le réchauffement climatique, leur présence s’étend progressivement vers le nord et même en altitude.
Leurs poils microscopiques contiennent une protéine urticante, la thaumétopoïne qui provoque une réaction inflammatoire violente au simple contact avec les muqueuses. Le chien qui renifle ou lèche une procession au sol peut développer en quelques minutes un œdème de la langue, des vomissements et des difficultés respiratoires. La nécrose partielle ou totale de la langue est une complication susceptible de laisser des séquelles définitives. Ces poils conservent leurs propriétés urticantes plusieurs mois, voire quelques années lorsqu’ils sont protégés dans les nids.
Le chat est moins exposé, car il n’a pas le même comportement, mais il n’est pas immunisé pour autant. Si vous identifiez des nids en forme de soie blanche dans des pins, des cèdres ou des chênes lors de vos sorties avec un Golden Retriever, un Border Collie ou un Beagle, changez immédiatement d’itinéraire et signalez leur présence à votre mairie.
Les plantes du jardin qui empoisonnent dès le printemps
Le jardin printanier recèle de pièges que l’œil humain ne repère pas. Plusieurs fleurs de saison se retrouvent parmi les plantes les plus responsables d’intoxications vétérinaires entre mars et juin.
Le muguet
Offert partout le 1er mai, il contient des hétérosides cardiotoxiques dangereux pour le chien et le chat, même si une petite quantité est ingérée.
La tulipe et la jacinthe
Elles concentrent leurs substances toxiques dans les bulbes que les chiens comme les Labrador Retriever ou les Cockers adorent déterrer.
Les jonquilles
Elles peuvent provoquer de graves troubles cardiaques.
Le rhododendron et l'azalée
Ils sont présents dans de nombreux jardins. Toxiques dans toutes leurs parties, ils peuvent entraîner le coma.
Le lys
Il mérite une attention particulière pour les chats. Une simple ingestion de pollen ou de quelques pétales suffit à provoquer une insuffisance rénale aiguë, parfois mortelle en 48 heures si aucun traitement n’est administré.
Un bouquet posé sur une table basse est une urgence vétérinaire si votre British Shorthair ou votre Sacré de Birmanie s’en approche.
En cas d’ingestion suspecte, ne perdez pas de temps à observer. Appelez votre vétérinaire ou le Centre Antipoison Animal national au 04 78 87 10 40.
Les allergies saisonnières, un sujet encore sous-estimé
Les chiens et les chats développent des allergies au pollen, aux graminées et aux spores de moisissures printanières exactement comme les humains. Chez l’animal, les symptômes se manifestent rarement par des éternuements.
Ils passent par la peau :
- Des grattages intenses.
- Des rougeurs entre les doigts.
- Des frottements du museau au sol et otites ré
Ce sont les signaux les plus courants chez un Golden Retriever, un West Highland White Terrier ou un Bouledogue Français. Ces races sont réputées pour être sensibles aux dermatites atopiques.
Chez le chat, les signes classiques sont :
- L’excès de salive.
- Le léchage excessif.
- Les croûtes autour du cou.
Un Maine Coon ou un Persan à poil long peut développer des nœuds cutanés liés à l’inflammation allergique. Cette dernière est souvent confondue avec des parasites. Si les symptômes apparaissent tous les printemps et disparaissent en été, la piste allergique mérite un test chez le vétérinaire.
Les vaccins et les visites vétérinaires au printemps
Le printemps représente le meilleur moment pour effectuer le bilan annuel de votre animal. La visite vétérinaire printanière permet de regrouper en une seule consultation les rappels vaccinaux, le contrôle parasitaire, l’évaluation dentaire et le bilan de santé général.
Chez le chien
Le protocole vaccinal inclut la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth, la parvovirose, la parainfluenza et la leptospirose. Les rappels des vaccins sont recommandés tous les trois ans alors que la leptospirose nécessite un rappel annuel.
Si votre chien fréquente des chenils, des expositions ou des zones de montagne, les vaccins contre la toux de chenil et la babésiose méritent une petite discussion avec votre vétérinaire.
Chez le chat
Les vaccins contre le typhus, la leucose et le coryza sont indispensables. Un chat à haut risque sort régulièrement ou vit en collectivité. Il doit se faire vacciner tous les ans. Un chat d’intérieur comme un Ragdoll ou un Chartreux peut espacer certains rappels tous les trois ans selon le protocole établi par votre vétérinaire.
La visite de printemps est également l’occasion de démarrer ou d’ajuster le protocole antiparasitaire avant que les températures ne favorisent l’explosion des populations de puces et de tiques. Un Sibérien ou un Bengal qui sort librement dans un jardin a besoin d’une protection externe activée avant mars.
Quels sont les bons réflexes à adopter dès maintenant ?
- Vérifiez les arbres autour de vos zones de promenade habituelles pour identifier d’éventuels nids de chenilles processionnaires.
- Retirez du jardin ou mettez hors de portée les plantes à bulbes printanières et les compositions florales qui contiennent des lys.
- Prenez rendez-vous chez le vétérinaire pour la visite annuelle avant la haute saison.
- Activez le traitement antiparasitaire externe dès la fin février dans les régions au sud de la Loire.
- Surveillez tous les comportements inhabituels (grattage, léthargie, refus de manger) dans les jours qui suivent une balade dans une zone boisé
Si vous êtes bien préparé, le printemps ne sera pas problématique. Par contre, la méconnaissance peut entraîner de graves problèmes de santé.


